Le cycle de reproduction


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Les juments ont une activité ovarienne saisonnière en mai, juin juillet. Le cycle est d'environ 21 jours, la durée des chaleurs est d'environ 7 jours et l'ovulation se produit vers le 5ème-7ème jour.

En général de novembre à février l'activité ovarienne est très réduite sans chaleurs (période d'anoestrus).

L'activité ovarienne est stimulée par la longueur des jours, les températures clémentes, et l'alimentation (qualité des protéines). C'est pourquoi un traitement lumineux permet d'avoir des juments en activité tôt dans la saison (dès le mois de février).

Le système endocrinien

Tous les organes de ce système sont des glandes qui se distinguent par le fait qu'elles libèrent, dans la circulation sanguine, les substances qu'elles produisent. Ces substances sont appelées: hormones.

Ces hormones sont essentielles au bon fonctionnement de l'organisme. Dans les tissus, les hormones se dirigent vers les cellules sensibles à leur action. Les tissus ciblés réagissent à la présence des hormones qui interviennent alors sur l'activité cellulaire.

Le fonctionnement

Organes génitaux

Les ovaires sont les organes responsables de la maturation et de la production des ovules. Ils contiennent un grand nombre de petits sacs, appelés follicules de De Graaf, contenant un ovule en cours de maturation.

Follicule

Pendant l'oestrus, des follicules se développent, grossissent, et secrètent des oestrogènes. Parmi eux, un grossit plus que les autres. Le follicule contenant l'ovule à maturité bourgeonne à la surface de l'ovaire et libère l'ovule. Les ovaires produisent un ovule mature : ce phénomène s'appelle l'ovulation.

Follicule 2

La paroi du follicule saigne et un caillot se forme où des cellules lutéales (cellules spéciales de la paroi du follicule) se développent pour former le corps jaune ou corps lutéal.

Le corps jaune est actif pendant le dioestrus et sécrète de la progestérone.

Follicule 3

Si l'ovule n'est pas fécondé, le follicule dégénère. On peut donc considérer les ovaires comme des glandes à sécrétion externe (sécrétion des ovules) et à sécrétion interne (hormones ovariennes).

Mais, pour bien comprendre l'action physiologique des ovaires et l'action thérapeutique de ses hormones, il est indispensable de résumer rapidement le rôle de ces glandes dans l'organisme et le mécanisme de leur fonctionnement qui dépend des hormones d'origine hypophysaire dites gonado-stimulantes et l'hypophyse elle-même dépendant de l'activité de l'hypotalamus.

L'hypothalamus est un minuscule amas de cellules nerveuses situé à la base de l'encéphale, au milieu de la boîte crânienne.

Cet organe sert de pont entre le système nerveux autonome et le système endocrinien. L'hypothalamus est responsable de la régulation d'un grand nombre de fonctions organiques. Son rôle est d'intégrer les stimuli et de leur apporter une réponse appropriée. Il intervient dans la régulation de la faim, de la soif, du sommeil et de l'état de veille.

Il joue aussi un rôle important dans la régulation de la majeure partie des processus involontaires de l'organisme, tel que le maintien de la température corporelle, la libido et le cycle de reproduction. Enfin, l'hypothalamus est chargé de réguler l'activité de l'hypophyse.

L'hypophyse (ou glande pituitaire) est une petite glande de la taille d'un petit pois, située à la base du cerveau. Elle est sous le contrôle de l'hypothalamus auquel elle est attachée. On la qualifie parfois de glande maîtresse car elle sert d'agent de liaison entre le système nerveux et le système endocrinien.

Certaines des hormones qu'elle sécrète stimulent la production d'hormones spécifiques par d'autres glandes endocrines. Cette petite glande est en réalité constituée de deux glandes distinctes : le lobe antérieur de l'hypophyse (ou antéhypophyse ) et la neurohypophyse (ou posthypophyse).

L'hypophyse produit plusieurs hormones, dont :

une qui a pour fonction de déclencher les contractions de l'utérus pendant la mise-bas : hormone ocytocique
une qui stimule la production de lait par les glandes mammaires : hormone lactotrope
une des hormones pituitaires les plus importantes est l'hormone de croissance (GH)
une qui a une action sur les glandes génitales : hormone gonadotrope.

En fait, il existe deux hormones gonadotropes différentes. Et le cycle s'expliquerait donc par la double action de ces hormones gonadotropes.

En résumé, le phénomène de fécondation est sous la dépendance des hormones ovariennes et hypophysaires.

La gonadostimuline A, folliculostimuline ou FSH détermine la ponte ovulaire (maturation des follicules) et la sécrétion de la folliculine.

La gonadostimuline B, lutéinostimuline ou LH détermine la rupture des follicules et la formation du corps jaune (corps lutéal) avec sécrétion de lutéine (progestérone).

La folliculine provoque les modifications utéro-génitales liées à la maturation de l'ovule, à la période d'oestrus et la prolifération de l'endomètre.

La lutéine (progestérone) provoque la nidation de l'ovule fécondé et la formation du placenta.

Les différentes phases du cycle

L'ovaire et ses glandes annexes subissent des transformations importantes connues sous le nom de cycle de durée variable.

Pendant l'anoestrus, il n'y a aucune activité ovarienne, ni follicule, ni corps jaune. Le taux de progestérone est nul, les taux de FSH et LH hypophysaires à leur niveau minimal.

Le cycle dure en moyenne 21 jours, mais il peut varier de 14 à plus de 30 jours.

1ère période (préoestrus)

Le follicule de Graaf grossit, se distend par suite de la sécrétion d'un liquide riche en hormones folliculaires (oestrogènes). L'ovule qu'il contient est repoussé à sa périphérie.
L'ovaire ne sécrète que la folliculine qui est l'hormone du rut et de la mise-bas.

2ème période (oestrus) - chaleurs - phase folliculaire

Elle dure de 2 à 15 jours. Le follicule continue de proliférer, puis éclate. Durant cette période les organes subissent des transformations anatomiques et physiologiques permettant la reproduction.

C'est à ce moment qu'a lieu l'ovulation : ponte des ovules qui chemineront dans les trompes utérines (trompes de Fallope ou oviductes) où aura lieu la fécondation.

Après sa libération, l'oeuf devient de plus en plus résistant à la fécondation. Il est infécondable au bout de 24 heures. De plus, le nombre de spermatozoïdes de l'étalon décroît de manière horaire par la mort ou la perte de mobilité des plus faibles.
      Tout ceci pour montrer l'importance de bien choisir le moment pour une fécondation réussie.

Les trompes sont formées de cellules ciliées qui produisent un courant en direction de l'utérus lorsque l'ovule est fécondé. Leur rôle est de recevoir l'ovule et les spermatozoïdes, puis une fois l'oeuf fécondé, de le conduire vers l'utérus. Un ovule non fécondé n'atteint jamais l'utérus.

Pendant cette phase, il y a un "pic" d'hormones oestrogènes qui provoquent les comportement d'oestrus à condition que le taux de progestérone soit inférieur à 2 mg/ml.
      On emploie les oestrogènes dans les cas d'hypofolliculinémie (la gonadotropine sérique favorise la sécrétion folliculaire).

3ème période (postoestrus) - ovulation - phase folliculaire

Le follicule rompu laisse un espace béant qui se remplit de cellules et se transforme en corps jaune sécrétant, sous l'action de l'hypophyse, une hormone lutéinique (la progestérone) qui permettra la nidation de l'oeuf en cas de fécondation.

si la fécondation a lieu,

l'appareil folliculaire reste au repos tandis que le corps jaune continuera sa sécrétion hormonale jusqu'à la fin de la gestation. La progestérone joue un rôle dans les transformations de l'endomètre au cours des premiers stades de la gestation et dans la nidation de l'oeuf après la sensibilisation par la folliculine.

A ce moment seulement, elles se complètent en réalisant une véritable synergie naturelle alors qu'habituellement (en dehors de la gestation), elles sont antagonistes puisque la lutéine s'oppose à l'action de la folliculine.

La paroi de l'utérus est formée de plusieures couches :

      Dans la muqueuse interne de l'utérus, aussi appelée endomètre, se trouvent deux types de cellules :
  • les cellules simples qui sécrètent un mucus
  • les cellules cilées
Muqueuse utérine

La muqueuse de l'utérus est composée de glandes qui, lorsqu'un ovaire libère un ovule, sécrètent du glycogène et du mucus pour nourrir l'ovule.
La nidation      L'implantation (nidation) commence environ 6 jours après la fécondation. L'oeuf s'enfonce dans la muqueuse utérine et commence à absober la nourriture nécessaire à son développement.

Conditions optimales pour la fécondation:

Sur le dizième de litre de semence et les quelques milliards de spermatozoïdes, il faut qu'il y ait moins de 48 heures en moyenne. L'ovocyte (cellule femelle) moins de 6 heures. En pratique une saillie tous les deux jours.

s'il n'y a pas fécondation,

la sécrétion hormonale du corps jaune s'arrête jusqu'au retour de l'ovulation suivante.

4ème période (dioestrus) intervalle entre les chaleurs - phase lutéale

De 13 à 18 jours, on l'appelle aussi période de repos au cours de laquelle la sécrétion hormonale du corps jaune s'arrête. L'utérus sécrète de la prostaglandine qui va détruire le corps jaune pour préparer le prochain oestrus. Le corps jaune est insensible aux prostaglandines s'il est âgé de moins de 5 jours.

En cas de dysfonctionnement (non sécrétion de prostaglandines par l'utérus), le corps jaune persiste 60 à 80 jours. On parle alors de corps jaune persistant. Ce phénomène concerne 25% des juments vides entre mai et août. Elles peuvent malgré tout présenter de gros follicules, parfois des ovulations et aucun oestrus.

En temps normal, le corps jaune disparaît peu à peu tandis que le follicule du cycle suivant commence à murir (la sécrétion du corps jaune étant arrêtée).

Le taux de progestérone diminue peu à peu (si pas de gestation) au profit des oestrogènes.

Certaines juments présentent un dioestrus prolongé caractérisé par un taux de progestérone sanguin élevé, indiquant la présence d'un corps jaune : état de pseudogestation. Il faut alors provoquer une lutéolyse par prostaglandine PGF2 alpha (induction du corps jaune). En tant normal, cette hormone est produite dans l'utérus et gagne les ovaires. Un traitement progestagène empêche l'apparition de l'oestrus car le progestagène bloque la croissance d'un follicule se situant à plus de 3 jours de l'ovulation.

C'est ce qui arrive à l'utilisation de «Régumate» lors de synchronisation de chaleurs.

Lorsqu'il y a persistance d'un tissu lutéinisé => kyste lutéral => absence de chaleurs. Il existe des juments qui ont une ovulation lors de la phase lutérale. Il y a donc une croissance folliculaire jusqu'à 25-35 mm environ vers le milieu de cette phase sans incidence sur la cyclicité. La jument présente de gros follicules mais n'est pas en chaleur. L'ovulation spontanée est rare mais possible.

Il est possible, pour certaines raisons de maîtriser le cycle de la jument :


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