L'emphysème ou bronchopneumopathie obstructive


Sommaire

C'est une affection grave, car elle touche le tissu pulmonaire en désorganisant les parois des alvéoles.
      Il est le stade ultime de la bronchite chronique.
      Par définition, l'emphysème est une infiltration de gaz dans un tissu cellulaire.
      Il se caractérise par une dilatation irréversible ou réversible des alvéoles (pouvant entraîner la rupture de leurs cloisons), où aboutissent les bronchioles au niveau desquels s'effectuent les échanges gazeux.

Il semblerait que cette affection en recouvre en fait plusieures, qui ont en commun cause allergique.
      Certaines spores de champignons comme les moisissures que l'on retrouve dans le foin, la paille, la poussière des manèges (sciure, granulés) provoquent des réactions allergiques.

Son évolution est rapide chez le jeunes chevaux et plus lente chez les chevaux agés.
      L'emphysème chronique ne peut que s'aggraver au fil du temps, rendant le cheval inapte à tout effort.

Un cheval déclaré asthmatique ou atteint d'une bronchite chronique obstructive est un candidat à l'emphysème.

L'emphysème touche les chevaux adultes ou agés en box..
      Tout comme la toux chronique, l'emphysème est épuisant.

On parle d'emphysème pulmonaire aigu, lorsque la distension est réversible.
      On parle d'emphysème alvéolaire chronique (pousse) lorsqu'il existe des lésions irréversibles.

L'emphysème pulmonaire aigu

Il est fréquent et fait suite à une bronchite obstructive dans les formes allergiques.
La distension du poumon se traduit par un agrandissement de l'aire pulmonaire à la percussion.

Photo : EMPHYSEME à refaire

L'emphysème est le stade ultime d'une évolution longue, parsemée d'erreurs hygièniques et thérapeutiques.
Sauf le cas particulier du choc anaphylactique (accompagné alors d'un oedème du poumon), la crise d'emphysème aigu, réversible, survient sur un fond de bronchite obstructive allergique, accompagnée de bronchospasmes (asthme), lors de la mise en contact avec l'allergène.

Théoriquement, les alvéoles sortent indemmes de cette crise.
      Toutefois, il y a toujours des alvéoles lésées et lorsque leur portion devient trop importante, on parle d'emphysème alvéolaire chronique.

L'emphysème pulmonaire chronique

Des troubles fonctionnels plus ou moins importants apparaissent en dehors de toute crise et de tout effort, en relation avec une distension continue des alvéoles (perte d'élasticité) associé à des lésions dégénératives (auto-immunité).

Symptôimes

Le symptôme le plus parlant est une toux sèche, quinteuse chez le jeune cheval.
      Il faut se méfier des toux rebelles aux traitements, parfaitement compatibles avec un bon état général.

Un cheval atteint de M.P.V.R. (maladies pulmonaires des voies respiratoires) présentera au début une toux sèche, apparaissant surtout au travail.
      A la longue, elle peut persister au box et occasionner des difficultés respiratoires importantes.

Chez le chevail sain, le temps inspiratoire est très légèrement plus court que le temps expiratoire.
      L'expiration quant à elle, est passive grâce à l'élasticité des poumons et au relachement des muscles respiratoires.
      Lorsqu'il existe une obstruction (mucus inflammatoire, constriction des muscles bronchiques au cours de l'asthme), l'air inspiré ne parvient plus à s'échapper et les alvéoles restent dilatées.
      Le tissu pulmonaire n'est plus assez élastique pour évacuer l'air et le cheval doit faire participer ses muscles abdominaux au moment de l'expiration.
      L'expiration se fait donc en deux temps, séparés par un soubressaut (coup de flanc).
      Cette expiration forcée peut s'accompagner d'une extériorisation de l'anus.

Tout ceci explique, que, lors d'un travail, le cheval, face à un besoin supérieur en oxygène, compensera l'inefficacité des échanges au niveau des sacs pulmunaires par un apport massif de gaz, en respirant beaucoup plus vite.
      Un essoufflement apparaitra donc à "l'effort" et qui persistera longtemps après.
      Le cheval est angoisé, inquiet, ses coudes sont écartés, les naseaux sont dilatés par une inspiration forcée, la poitrine se dilate et la respiration s'accélère (dyspnée et polypnée), ses flancs sont animés de mouvements rapides et saccadés.

Aigu ou chronique, l'emphysème peut provoquer des troubles cardiaques avec engorgement des postérieurs.

Il faut savoir qu'il est possible, lors d'un accès de "pousse", que le cheval meurt d'un oedème pulmonaire ou d'une insuffisance cardiaque.

Les poulinières atteintes d'emphysème souffrent beaucpoup à la fin de leur gestation, car le poulain comprime fortement le diaphragme en rendant la respiration difficile.

Traitement

Après une appréciation, par le vétérinaire sur le degré d'évolution de la maladie, le traitement doit tenir compte de l'âge du cheval, du profil de la maladie, de l'état du tissu pulmonaire, de sa condition général.

L'hygiène et le traitement peuvent ralentir l'évolution de la maladie, mais on ne guerrit pas de l'emphysème on atténue seulement les crises.

Le meilleur traitement reste la mise au pré, le remplacement de la paille par une litière de copeaux ou de lin, de mouiller le foin, et pas de manège.


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