La dermatite ou dermite estivale récidivante équine : DERE "allergique"

mise à jour le : 05/07/2004

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La dermatite est une inflammation douloureuse de toutes les couches de la peau et aussi du tissu sous-cutané.
Elle est due à des piqûres massives de moustiques, de mouches, moucherons (culicoïdes), un sarcopte (acarien parasite "agent de la gale") surtout sur les chevaux à peau fine.

Le cheval peut développer une réaction d'hypersensibilité immédiate due à des anticorps et aussi une hypersensibilité retardée due à certaines cellules sanguines.
Il semble que le jeune cheval (dès l'âge de 2 ans) soit plus prédisposé ainsi que certaines races (les islandais) et qu'il y ait un terrain héréditaire.
Cette affection est courante durant les mois d'avril à octobre et elle est multifactorielle (génétique, hypersensibilité, environnement, système nerveux, système immunitaire ...).

S'il apparaît une allergie à la toxine des culicoïdes, il apparaît un eczéma estival très prurigineux et une augmentation des éosinophiles et des thrombocytes.

Les parties du cheval les plus touchées sont la crinière, la queue, le garrot et les lésions ventrales se situent le long de la ligne blanche.
Les lésions occasionnées sont des nodules, parfois couverts d'une fine croûte.

Les principaux insectes responsables

Surtout les simulies (Simulium ornatum) et les Certatopogonidés (Culicoides pulicaris)

La mouche araignée ou mouche plate

Elle est tenace et difficile à écarter.
Elle affectionne les endroits sensibles comme l'anus, le périné, la face interne des cuisses ...

Pour éviter que les chevaux ne se fassent trop piquer, je leur badigeonne le bas du ventre (fourreau, mamelles) avec de la vaseline. Les moucherons y resteront collés.

Le stomoxe (mouche de bétail)

Elle entraîne la dermite serpigineuse.
Très répandue, elle harcèle les chevaux par les temps orageux.
Sa piqûre peut inoculer les oeufs d'un parasite de l'estomac: les gastérophiles.

Le taon

Comme le moustique, seule la femelle pique pour se nourrir de sang.
La piqûre est douloureuse et la quantité de sang prélevée à chaque fois n'est pas négligeable pour un poulain.
Il peut inoculer le virus de l'anémie infectieuse, tout comme le moustique.

Le moustique

La femelle pique la nuit et, au niveau de chaque piqûre, peut se développer une zone d'oedème prurigineuse.

Guèpe, abeille, frelon

Leurs piqûres sont rares mais ressenties fortement chez le cheval.
La répétition de ces piqûres peut entraîner des troubles généraux et une crise d'urticaire.

Il peut y avoir également des répercussions cardiaques.

Les chenilles processionnaires

Par leur poils urticants, elles causent de véritables brûlures au cheval.
Dans l'est de la France on les trouve sur les sapins, et dans le midi sur les pins.

Pour plus d'infos sur ces insectes.

Les symptômes

Ils apparaissent au printemps, s'aggravent en été et commencent à disparaître avec l'arrivée de l'automne.
L'année suivante, dans la plupart des cas, les lésions sont de plus en plus graves et peuvent même devenir permanentes chez certains chevaux.
Au cours des années, les poils ne repoussent plus et la peau reste épaissie et plissée.
Les chevaux gravement atteints peuvent perdre du poids et devenir nerveux.

Les lésions commencent par des démangeaisons.
Le cheval se gratte et les zones atteintes sont la région dorsale, la crinière et la queue.
Les poils sont hérissés et la peau montre une inflammation, un prurit, des suintements qui peuvent entraîner une surinfection, comme une dermatite pustuleuse.
Le cheval, à force de se gratter, peut se blesser.

Dans les cas chroniques,les éosinophiles sont souvent absents et une fibrose est parfois observée.
Il peut également apparaître de petits foyers de granulomes éosinophiliques.

Le grattage de la queue peut être dû à des acariens et pas spécialement à des vers.

Mais ces symptômes peuvent être confondus avec des teignes, des gales et une infestation de poux (phtiriose).

Les traitements

Le diagnostic est difficile à établir car il est basé sur les signes cliniques.
Il est donc nécessaire de pratiquer des biopsies cutanées, des tests intradermiques, afin de mettre en évidence la réaction d'hypersensibilité du cheval.
Pour l'instant, la désensibilisation est peu efficace.

On peut lutter contre les manifestations allergiques par des médicaments antihistaminiques (phénergan) mais il ne semble pas être d'une grande utilité et si besoin des corticoïdes ainsi que des lotions pour diminuer les démangeaisons.

Il est également possible d'utiliser des produits insecticides pour chiens, mais il faut avoir recours à ceux qui ont une action répulsive ou qui tuent avant que l'insecte n'ait piqué. Le Lindane n'est pas la molécule de choix.

Il faut nettoyer les plaies correctement avec une lotion rafraîchissante du genre :

Il faut également "jouer" sur la prévention:

Les traitements ne permettent pas de guérir le cheval, ils n'apportent qu'une amélioration des lésions.
Des cas de guérison spontanée ont été décrits, mais ils restent exceptionnels.
Les surinfections nécessitent des soins locaux avec des antibiotiques et antiseptiques.

Si les piqûres semblent provoquer des réactions générales comme de l'abattement, etc ..., ajouter dans un barbotage 200 g de bicarbonate de soude.
Pour les piqûres de guèpes ou autres ..on peut également rajouter 1 litre de café tiède dans un barbotage.
Et pour calmer le prurit, du vinaigre mélangé à de l'eau (% suivant la sensibilité du cheval), calme bien.

Pour la queue, je peigne bien la base et la badigeonne de mercryl pur en faisant bien pénétrer à l'aide du peigne. Je renouvelle tous les jours pendant une semaine, puis j'applique en prévention quelques pulvérisations d'un produit à base de TM et HE, le matin.

Les résultats récents concernant le DERE suggèrent qu'il pourrait s'agir d'une maladie atopique, étant donné l'existence d'une prédisposition génétique et l'implication de l'IgE dans la pathogénèse de cette allergie.

Certaines désensibilisations peuvent être envisagées.

Voici un traitement fourni par Anne Woerth-Memheld, avec l'accord du vétérinaire nommé ci-dessous (vétérinaire que je connais bien).