Tussilage (Tussilago farfara L. - composées)

Toujours remarqué par sa floraison très précoce, le tussilage ne l'est plus guère parmi les simples.
Son nom pourtant (de tussis , «toux», et ago , «je chasse») résume des propriétés bien réelles.

Les feuilles (qui valent à la plante le nom de pas-d'âne) contiennent une substance amère glucosidique, du tanin, de l'inuline, de la choline, une saponine, des acides, des esters.
Les fleurs, seule partie employée de nos jours, ont une composition voisine mais sans principe amer, avec de surcroît deux phytostérols, dont le faradiol, et des pigments.
Elles contiennent en outre une faible quantité d'essence, non étudiée. Les cendres renferment des taux importants de soufre, de magnésium et de chlore.

La médecine gréco-latine des premiers siècles employait déjà le tussilage (feuilles et racines, mais non les fleurs) dans les indications principales qu'il a conservées de nos jours.
C'est une plante pectorale efficace pour calmer la toux et faciliter l'expectoration dans la bronchite aiguë, passé le stade d'irritation initial.
Elle est utile aussi dans la trachéite, l'asthme humide et la grippe par une intéressante action tonique.

On l'emploie en infusion de fleurs sèches (5 g par tasse d'eau bouillante - contact 15 mn - filtrer sur un linge fin - 2 à 4 tasses par jour) ou en décoction de feuilles (50 g/l - 3 tasses par jour).

À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, plusieurs médecins ont relaté les bons effets du tussilage (feuilles et racine) dans les affections scrofuleuses (adénite tuberculeuse en particulier).
Récemment, on a mis en évidence dans la plante une substance antibiotique inhibant certaines bactéries.
La pharmacologie du tussilage mérite d'être revue en détail.