- Ortie (urtica dioica)

«Mauvaise herbe» détestée, l'ortie est pourtant l'une des plantes les plus utiles d'Europe.
Les deux espèces les plus répandues, l'ortie dioïque ou grande ortie (Urtica dioïca ) et l'ortie brûlante ou petite ortie (Urtica urens ), ont les mêmes emplois.

C'est un légume préhistorique, consommé de tout temps, surtout pendant les disettes, encore apprécié en Europe septentrionale et orientale et, çà et là, en Europe occidentale.

Au Ier siècle, Dioscoride signalait déjà les propriétés hémostatiques qui seront constamment mises à profit par les médecins et la pratique populaire, jusqu'à nos jours.
Au Moyen Âge, on attribuait à l'ortie toutes les vertus.
Les meilleurs phytothérapeutes contemporains l'ont remise à l'honneur.

L'ortie renferme un hétéroside, l'urticoside, une matière cireuse à action cholagogue, une lécithine, un taux assez important de carotène, de fer, de nitrates de potassium et de calcium, d'acide silicique.
Le liquide urticant des poils contient des excitants musculaires, dont l'histamine, et de l'acétylcholine qui intervient dans la transmission de l'influx nerveux.

Plante tonique, employée en Suède contre l'anémie en raison de sa grande richesse en fer, l'ortie a une heureuse action sur les sécrétions de l'estomac, du foie et favorise la formation des globules rouges.

Simplement cuite en légume, elle est bénéfique contre l'atonie digestive, l'insuffisance hépatique, la constipation.
Diurétique et dépurative, elle a été prescrite autrefois contre les rhumatismes, l'hydropisie (accumulation de sérosité dans une cavité naturelle du corps) et surtout contre certaines dermatoses.
Elle est encore considérée comme tonique de la circulation, galactogène, hypoglycémiante.

Une infusion tonique, cholagogue, dépurative se prépare avec les feuilles ou sommités non fructifiées, de trente à soixante grammes par litre d'eau (trois tasses par jour).

En usage externe, en cataplasmes (feuilles cuites et broyées) contre les ulcères, elle aurait également donné des résultats contre la gangrène.

Les orties, jeunes de préférence, se mangent cuites à la façon des épinards ou en potage comme le cresson (la chaleur détruit le principe urticant).
C'était autrefois un aliment traditionnel de la volaille.
Les chevaux peuvent manger de l'ortie sèche, elle est très nourrissante et apporte des vitamines (B2, B5, acide folique ..), des minéraux (F, silice, Mg), des oligo éléments (Cu, Z ...).