- Myrte (Myrtus communis L. - myrtacées)

C'est un peu l'eucalyptus européen (qui appartient aussi à la famille des myrtacées), très anciennement usité dans les régions méditerranéennes qui l'hébergent.

Les hippocratiques, au ~ Ve siècle, employaient le myrte en astringent et vulnéraire.
Les Latins en faisaient presque une panacée, l'indiquant spécialement pour réparer les muscles froissés, les luxations et les fractures.
Mésué, au IXe siècle, en préparait un sirop réputé.
Avicenne, Persan du XIe siècle, y voyait le meilleur remède des maladies pulmonaires et de la toux.

Jusqu'au XVIIIe siècle, l'arbrisseau gardera une place de choix dans les pharmacopées, surtout méridionales.

Très riche en tanin, le myrte contient aussi des résines, un principe amer et 0,3 à 0,5 % d'une huile essentielle verdâtre, aromatique, composée d'un alcool primaire, le myrténol, et d'une substance complexe, le myrtol, renfermant entre autres de l'eucalyptol.

Astringent, antiseptique, stimulant, balsamique, le myrte a des emplois voisins de ceux de l'eucalyptus.
Utile dans les catarrhes bronchiques (infusion de baies : 15-30 g/l - 2 ou 3 tasses par jour - l'essence, en injections sous-cutanées, est inusitée de nos jours en raison d'accidents possibles).

Administré traditionnellement dans les Charentes contre les traumatismes, le myrte peut être employé en usage externe (infusion des feuilles : 30 g/l - en lotions et compresses) sur l'eczéma sec, les plaies, les ulcères.
Le myrtol, en inhalations, est efficace dans les sinusites, laryngites, trachéites.

En usage interne, la plante s'utilise encore (infusion) contre les catarrhes des voies génito-urinaires, comme tonique de l'appareil digestif, hémostatique.