- Muguet (Convallaria maialis L. - liliacées)

Plante très toxique, en dépit de son parfum innocent.

Les parties vertes, les fleurs et les baies renferment trois glucosides, convallaroside, convallamaroside et convallatoxoside, redoutables poisons du coeur.
Le dernier tue un chat à la dose de 0,077 mg par kg (IV).

Diurétique et purgatif par son convallaroside, le muguet est, aux doses thérapeutiques, puissamment tonicardiaque par l'ensemble de ses composants.
Il ralentit et régularise le rythme du coeur, accroît l'amplitude des contractions. L'action est à la fois directe (localisation de la substance dans le muscle cardiaque) et indirecte via le système nerveux.

Déjà employé empiriquement au XVIe siècle, en Allemagne (ainsi que le relate Matthioli, 1554), contre les palpitations et pour «fortifier le coeur», le muguet reste utilisable en cardiologie, au voisinage de la digitale et du strophantus africain.

Le mode d'administration et la posologie appellent la plus grande attention en raison de la toxicité du produit.
La simple infusion des fleurs (3 à 5 g pour 200 g d'eau bouillante), bien moins dangereuse que les préparations de plante entière, pourrait pallier à l'insuffisance cardiaque et, par ses effets particulièrement diurétiques, est utile dans l'oligurie (diminution de la quantité d'urine émise par vingt-quatre heures).

Au XVIIIe siècle, le muguet passait pour aphrodisiaque.