- Genêt à balais (Cytisus scoparius Link ou Sarothamnus scoparius Wimmer - légumineuses)
Genêt commun, grand genêt

Figure parmi les remèdes diurétiques de base de la pharmacopée indigène.

Inconnu des Anciens car il ne croît pas en Grèce et manque dans la plus grande partie de la région méditerranéenne, longtemps confondu avec d'autres «genêts», il figure cependant chez quelques auteurs de la Renaissance avec l'essentiel de ses indications actuelles.

Depuis 1852, année où furent découverts ses deux principes actifs les plus importants, le genêt à balais a été l'objet de nombreuses analyses et expérimentations.
Un hétéroside, la scoparine (ou scoparoside), matière colorante jaune présente seulement dans les fleurs, plusieurs alcaloïdes, le plus important étant la spartéine (qu'on retrouve chez le spartier), et de l'huile essentielle en faible quantité sont à l'origine des propriétés multiples du genêt à balais.

La spartéine est tonicardiaque. Elle exerce une action légèrement curarisante sur les terminaisons des nerfs moteurs et paralysante sur le système nerveux central. Elle stimule les centres respiratoires et atténue la sensibilité à la douleur, ce qui a permis de l'employer comme adjuvant dans l'anesthésie générale. Elle a comme la scoparine une action diurétique.

On attribue à des amines le pouvoir hypertenseur et vaso-constricteur de la plante, analogue à celui de l'adrénaline.
Dans la pratique, le genêt s'administre en diurétique dans les hydropisies (par rétention chlorurée), l'arthrite, la néphrite, l'hépatite chronique.

Plante particulièrement utile dans les affections aiguës de l'appareil respiratoire (pneumonie, broncho-pneumonie, pleurésie, bronchite aiguë), la grippe, les fièvres éruptives.

On emploie la décoction des jeunes rameaux fleuris (récoltés avant la montée en gousses: les graines sont toxiques): de 25 à 60 grammes par litre d'eau - trois ou quatre tasses par jour; ou l'infusion des fleurs: 25 grammes par litre d'eau.

Antihémorragique, le genêt (extrait fluide, de préférence) sert à traiter les hémorragies utérines, les saignements de nez.

La spartéine paraît anti-infectieuse. Elle a une action protectrice contre les toxines tétaniques.
On a prouvé récemment ses remarquables propriétés antivenimeuses : la poudre de feuilles de genêt à balais immunise les rats contre une fois et demie la dose létale de venin de cobra (L. Binet).
Cette plante peut servir en premier secours contre les morsures de vipères: décoction concentrée en usage interne; cataplasme ou, mieux, suc de jeunes rameaux broyés en usage externe.