- Frêne (fraxinus exelsior)

De nombr'euses espèces existent, mais celle utilisée en phytothérapie est appelée frêne élevé, c'est le plus grand d'Europe.

Quatre siècles avant notre ère, Hippocrate et Théophraste conseillaient déjà les feuilles de frêne (Fraxinus excelsia L.; oléacées) dans le rhumatisme et la goutte comme diurétiques.
Au IIe siècle, le médecin et poète latin Serenus Samonicus prescrivait ses fruits dans l'hydropisie.
Dioscoride et Pline, en relatant son emploi interne et externe contre les morsures de serpents, lui feront une réputation durable d'arbre antivenimeux. Le Moyen Âge employait le frêne dans la surdité et les maux de dents, en négligeant les propriétés diurétiques, qui seront reprises et précisées de la Renaissance à nos jours.
Au XVIIIe siècle, l'arbre connut une certaine renommée de fébrifuge.

Les feuilles, qu'on récolte en juin, et les fruits ailés (samares des botanistes, «langues d'oiseau» des apothicaires), cueillis avant maturité, sont des diurétiques antirhumatismaux
Cazin en a obtenu des succès dans le rhumatisme articulaire aigu.

L'étude de la composition chimique révèle la présence d'un flavonoïde, le rutoside, qui a des propriétés anti inflammatoires.
Il est donc utile pour les rhumatismes, arthrose ....

La décoction de frêne a des effets à la fois diurétiques et sudorifiques.
Son effet diurétique est du au mannitol et aux sels de potassium présents dans la feuille.
Elle fait baisser le taux d'acide urique dans le sang et réduit les engorgements articulaires (feuilles sèches: 30 grammes par litre d'eau, trois ou quatre tasses par jour; fruits secs: de 10 à 30 grammes par litre d'eau).

La jeune écorce de frêne, qui contient un glucoside, le fraxoside (il représenterait le principe actif de la plante selon certains auteurs, mais les feuilles n'en renferment pas), a été considérée comme un fébrifuge de grande valeur, au XVIIIe siècle.

L'usage du frêne contre les morsures de serpents, relaté par Dioscoride et Pline, n'est sans doute pas une fable. L'agronome Columelle, leur contemporain, en parle comme d'un remède vétérinaire courant et compare ses effets à ceux de la bardane, dont le pouvoir antivenimeux est certain.
Comme cette dernière, le frêne pourrait détruire le venin par oxydation de ses principes actifs.