L'usage de l'éperon remonte à une période très ancienne.
Sa mise au point est attribuée aux Chinois ainsi que le harnachement.
Dès le XVe siècle avant J-C, ils conçoivent une selle à grands panneaux et nous leur devons peut être aussi l'invention des étriers qui étaient employés à l'époque T'Ang (VIIe).
Les grecs et les Romains ne le portaient qu'à un seul pied en général, tenu par une lanière.
Ils étaient rudimentaires, c'étaient une simple pointe de fer attachée au talon.
L'éperon à molette n'apparait qu'au Moyen-Age, vers 1250, sous l'influence des cavaliers français.
Vers le XIVe siècle, les éperons deviennent le symbole de la Chevalerie, car «chausser les étriers à quelqu'un» était le faire chevalier.
A cette époque, l'éperon fait partie des 5 pièces dites «de grand honneur» avec la couronne, l'épée, le sceptre et le globe.
A la mort du chevalier, ce sont ses éperons que l'on pose sur son cercueil, comme pièce de distinction.
Au fil du temps les molettes se garnissent de pointes «généreuses», et elles commencèrent à diminuer à partir de la bataille de Waterloo.
Les deux formes : à dard et à molettes coexistent pendant environ 100 ans.
La tige très courte dans les débuts, s'allonge de plus en plus du fait de l'apparition de l'armure.
Le cheval de guerre porte une armure qui descend parfois jusqu'aux paturons et l'on aménageait dans la ventrière d'acier des ouvertures pour permettre au cavalier de s'en servir.
Le collet (la tige de l'éperon), était très long, justement à cause des pièces d'armures.
Au milieu du XVII siècle, la mode imposait qu'une pièce de métal «sonne», une idée que les Espagnols conservent longtemps ainsi que les Mexicains et les Cow-boys l'adoptèrent ensuite égallement.
Aujourd'hui, 2 modèles sont les plus employés : le Prince de Galles et l'éperon à molette.
Avant de choisir une paire d'éperons, il faut connaitre correctement son cheval et il faut maîtriser au mieux ses aides.
La justesse de son emploi est délicat. L'éperon sert à augmenter l'efficacité de la jambe et à rendre plus prompte l'obéissance du cheval.
On dit souvent : l'éperon est à la jambe ce que la gourmette est à la main.
Quelques principes
L'emploi de l'éperon peut avoir des effets multiples et contradictoires.
Mal employé, il peut provoquer des effets indésirables tel que l'arrêt du cheval.
Il ne faut pas en user avec les jeunes chevaux, il est plus reservé aux chevaux déjà «dressés».
Le cavalier doit ajuster ses éperons en tenant compte de la taille du cheval et de la longueur de ses jambes.
L'éperon placé trop bas ne servira à rien car il agirait dans le vide.
Placé trop haut, il viendrait en contact quasi permanent avec le cheval, sans que le cavalier le souhaite.
Ses effets
Il s'emploie de plusiers façons, cinq à ma connaissance :
- l'attaque
:
ne s'impose que si la jambe, seule, s'est révélée inopérante.
Elle stimule le cheval froid.
Plusieurs attaques, par contacts secs et rapides est un châtiment pour corriger une désobéissance ou pour remettre un cheval en avant.
- la pression
:
c'est une action lente et progressive qui permet au cheval à l'arrêt ou presque de passer à une allure supérieure
- le toucher
:
c'est une action fugitive et délicate de l'éperon à la sangle.
C'est une aide de finesse, relevant de l'équitation supérieure.
- le pincer
:
il s'emploie en avant du poil, la jambe fermée contre le flanc.
Cette action est d'une intensité supérieure au toucher et donne plus de force et de précision à l'action de la jambe.
- le piquer
:
il a une action intermitente, plus convaincante.
Le piquer se situe entre le toucher et les attaques.
Il faut faire une distinctions entre ces 4 actions et les attaques répétées qui sont énergiques, brèves et portées derrière la sangle.
Comment choisir ?
Quels éperons ?
Quelle utilisation voulons nous en faire ?
Tous les éperons ne conviennent pas à toutes les disciplines.
Il y a plusieurs classifications des éperons :
- les éperons à molettes
Leur puissance est en fonction de plusieurs critères :- le tranchant des dents
- le nombre de dents
- la longueur des dents
Plus les dents sont acérées, plus il y a un risque de blesser le cheval.
Il faut surtout que les dents de la molette puissent tourner librement
Certains chevaux combattent l'action de la molette et se tétanise
Il existe un modèle qui se situe entre l'éperon à molettes et l'éperon du prince de Galles.
La branche interne de cet éperon porte une série de dents.
- les éperons prince de Galles.
Il est plus doux que l'éperon à molettes.
La différence se situe au niveau de l'ergot qui est plus ou moins long.
La puissance de l'éperon est en fonction de la longueur et de la forme de sa tige
Une tige longue et fine peut même être utilisée pour les jeunes chevaux ou être utilisés par des cavaliers encore inexpérimentés.
- éperon col de cygne
Il ressemble à l'éperon prince de Galles. Il comporte un ergot recourbé vers le haut et il est utilisé par les cavaliers qui possèdent de longues jambes.
- éperon à boule ou éperon de polo
C'est un éperon doux, action pas très efficace et peut être recommandé pour des cavaliers inexpérimentés.
- éperon jumping
Il possède une tige plus longues que les autres modèles.
- éperon western
Plus beau qu'utile, il est muni d'une étoile comportant des incrustations diverses
- éperon marteau
Très utilisé en grande-Bretagne, se rapproche de l'éperon à boule.