La naissance de la maréchalerie


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L'origine de la ferrure est toujours débattue mais l'époque de son développement se situe au XIème siècle.
Mais la maréchalerie ne laisse que peut de trace car l'Art se transmet oralement.
Il faut attendre que l'imprimerie se démocratise pour qu'apparaisse les premiers écrits.

Il faut arriver au début du XVIème siècle pour trouver les premières données écrites de César Fiaschi (1523 - 1592) sur l'Art de la Maréchalerie : "le Traité de la manière de bien emboucher, manier et ferrer les chevaux"
Cet ouvrage le point sur les connaissances au XVIème siècle dans l'Italie.
La première édition est dédiée au roi de France Henri II et paraît en Italie en 1556, puis est traduit en français en 1578.

L'anatomie du pied étant pratiquement inconnu, Fiaschi souligne :

Il recommande de ne pas trop tailler les talons des antérieurs ainsi que la pince des postérieurs.
Par contre la ferrure est assez précise et il recommande d'adapter le fer au pied et non l'inverse.

Le fer doit être bien ajusté en pince, les branches bien couvertes et garnies afin de protéger la muraille.
Les éponges s'affinent en perdant de la couverture, sans dépasser les talons afin que les fers ne s'arrachent pas par les fers des postérieurs.

Les crampons sont couramment utilisés pour les chevaux de bataille, mais il les estime dangereux et inutiles aux antérieurs, car ils rendent le pied instable.
La ferrure orthopédique existait au XVI siècle.

L'encastelure est très redoutée et il décrit le cercle vicieux de cette affection.
Le resserrement des talons, l'atrophie de la fourchette provoque une gêne qui conduit le cheval à moins se servir de son pied.
Il recommande de mettre un fer à planche, d'humidifier et de graisser abondament le pied.

En 1664, Solleysel fait paraître en France le Parfait Maréchal, maintes fois réédité, un véritable Traité de médecine et de chirurgie vétérinaire.

La maréchalerine est abordée, et il souligne l'importance de l'examen du pied dans le choix de son cheval.
L'atrophie de la fourchette, associée à l'encastelure, ou une fourchette trop volumineuse dont l'appui au sol provoque des contusions et des boiteries sont un motif de refus d'achat.

Le parage doit respecter la forme arrondie du pied et il ne faut pas endommager les talons.
Solleysel développe peu la maréchalerie orthopédique.
Pour l'encastelure il préconisait que la sole soit arrachée à la tricoise, qu'une lame de métal soit placée entre les talons afin de les écarter et de ferrer le cheval ainsi avec des fers à pantoufle.

Le Directeur de l'Académie royale d'équitation à Lyon, Claude Bourgelat, fait basculer les soins dans le domaine de l'Art vétérinaire.
Il crée en 1762, l'Ecole de Lyon et celle d'Alford en 1765.
Les élèves sont recrutés parmi les maréchaux ferrants et la maréchalerie est avec l'anatomie, l'une des matières enseignées.

Il publie en 1771 avec l'aide de Philippe Chabert, union de la pratique et de la théorie, son «Essai théorique et pratique sur la ferrure», à l'usage des élèves des Ecoles Royales.
Le livre s'appuie sur l'anatomie du pied et la constitution de la corne, aborde la biomécanique du pied.

Il reconnaît que le membre est soumis à deux tendances inverses au cours de l'appui :
La puissance (réaction du sol) provoque l'extension du boulet, alors que la résistance (force imprimée par le tendon) la limite.
Partant de cet équilibre, il définit le paturon comme levier.
Si l'on rehausse les talons, le levier diminue et les forces subies par les tendons sont moins importantes.
Ce phénomène est inversé lorsque la pince est longue et il cite le cas du cheval bas et long jointé qui est sujet aux atteintes tendineuses.
Il conseille pour le parage d'un pied plat de respecter la pince, bloquant ainsi sa croissance, et de couper les talons qui ont une croissance accrue.

Il dicte dans cet ouvrage certains principes à respecter lors d'un ferrage comme par exemple :

Bourgelat n'est pas apprécié de Philippe Etienne Lafosse, descendant d'une dynastie de maréchaux experts, d'une très grande compétence.

Il rédige de nombreux traités comme «le Guide du maréchal» publié en 1766.
Il fait la critique des inconvénients de la ferrure de son époque :

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Suivant la même idée, il recommande d'abattre seulement la muraille sans toucher à la sole, les barres et la fourchette.
Pour un pied faible, les éponges sont prolongées en talon, mais ne doivent pas les dépasser.

En 1854, Henry Bouley publie le «Traité du pied du cheval».
Cet ouvrage marque une étape dans la connaissance du pied du cheval en évoquant son anatomie et souligne l'importance de sa vascularisation.
Il est toujours aujourd'hui d'actualité.
L'ensemble des notions de Bouley est intégré dans l'étude des aplombs et il prolonge les assertions de Bourgelat en révélant les effets dynamiques de la longueur et de l'obliquité du paturon sur les formations tendineuses.

En 1865, A. Rey publie le «Traité de maréchalerie vétérinaire» qui applique les principes exposés par Bouley à la ferrure, et consacré à la forge et à la ferrure.
On y trouve tous les fers orthopédiques, certains relèvent de la torture, comme le fer à encastelure et d'autres des oeuvres d'art.

La maréchalerie orthopédique est largement établie au milieu du XIXème siècle.
Cent ans ont fait passer le fer d'état de couche protectrice du sabot, à celui de traiment des boiteries.

La ferrure a pour but de préserver le sabot d'une usure excessive et de conserver au pied sa forme et ses fonctions.

La maréchalerie est l'Art de forger et d'ajuster des fers.

Le fer doit protéger la boîte cornée sans devenir traumatisant.
Il intervient en complément du parage et n'est pas conçu pour le corriger.
La pose du fer a pour but de réaliser tout ce qui n'a pas pu être obtenu avec le parage et surtout il est ajusté au pied.

L'utilisation de nouveaux matériaux comme l'aluminium ou certains alliages et les matières plastiques permet d'alléger le poids des fers.
L'utilisation de la résine et l'association de plaque amortissante permet une amélioration dans le cas du traitement des pieds plats.
L'action de la ferrure agit sur la locomotion du doigt mais aussi du carpe et du jarret.

Une ferrure inadaptée a sans doute une action chronique sur le développement d'affection dorsale.

Les ferrures assymétriques, donc forgées et ajustées sur mesure à chaque cas, se sont développées.
Quelques principes de bases :


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