L'intelligence ne quittera vraiment le domaine de la métaphysique pour entrer dans celui de la psychologie qu'en se laissant décrire comme une série d'activités dont il est impossible de donner une théorie avant de les avoir délimitées et analysées.
On verra peut-être alors disparaître, dans un nouveau champ conceptuel, la notion d'intelligence comme désignant une fonction spécifiquement humaine.
On n'est pas en mesure de donner en psychologie une définition de l'intelligence.
Il est possible en effet que les mécanismes qui déterminent les différentes activités que l'on s'accorde à qualifier d'intelligentes constituent des groupes de mécanismes indépendants, et il n'y aurait plus de sens alors à parler de fonction unique.
Depuis le moment où l'intelligence a commencé de faire l'objet d'une étude scientifique, c'est-à-dire en gros depuis la fin du siècle dernier, un certain nombre d'approches ont eu une influence déterminante sur la façon de poser le problème de l'intelligence.
Il apparut, lors d'une étude, que l'intelligence pouvait être abordée à partir de la seule étude du comportement de solution.
Rabâcher que le cheval n'est pas intelligent mais a de la mémoire apparaît assez contradictoire car la mémoire est bien le premier fondement de l'intelligence.
De plus cette affirmation n'apporte rien car le cheval n'est pas un être humain et son intelligence lui est propre, et nous, nous ne sommes pas assez cheval pour la partager.
Louis Simon
A propos de l'intelligence du cheval on en entend de toutes sortes.
Ceux qui pensent que le cheval a la même intelligence que vous et moi => anthropomorphiste => refusent de voir les différences, n'assument pas leur condition humaine.
Ceux qui refusent tout intelligence à l'animal => anthropocentriste => besoin de se rassurer, se sentent diminués en tant qu'êtres humains ceux qui prétendent qu'il n'y a pas intérêt de développer l'intelligence du cheval, cela le rendrait plus contestataire => position égocentriste => traduit un besoin de domination => apparence autoritaire => complexe d'infériorité
Le cheval a une intelligence de cheval.
Des ressemblances utiles existent comme il existe des différences irréductibles.
Nous ne pouvons demander au cheval de comprendre notre mode de fonctionnement et notre rôle dans la société.
Il se fait une opinion de nous d'après ses critères de survie, ses fonctions vitales et relationnelles.
La mise en relation entre un animal et un être d'une autre espèce; l'homme, nécessite des ajustements, en raison des différences de nature.
Mais on ne peut demander au cheval de faire ce cheminement, cela
ne va pas dans le sens de sa nature, il garde sa marge de liberté et c'est
ce qui fait sa noblesse, à nous de nous adapter.
Ce à quoi on peut prétendre, c'est faire apparaître chez le cheval des comportements souhaitables en se basant sur nos connaissances de l'espèce.
C'est cela qui fait que les relations avec les chevaux sont aussi enrichissantes, découvrir une personnalité à part entière, comprendre cette personnalité et agir utilement pour que sa personnalité ne soit pas étouffée et qu'elle permette au cheval de développer par lui-même des facultés "utiles".
Barbara Suter
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