En liberté, un cheval passe environ 12 heures à se nourrir (réparties sur 24 h), soit environ 75% de la journée et 50% de la nuit.
Il peut ingérer 60 à 80 kg d'herbe jeune.
Pour les chevaux à l'écurie, on sert habituellement 3 repas :
- le matin : normal
- en milieu de journée : un petit
- le soir : le plus gros
Pour des chevaux sur une litière autre que de la paille, il se pose le problème de l'ennui, puisqu'en liberté le cheval passe 12 heures à se nourrir et à rechercher sa nourriture sur ces 24 heures.
Le cheval n'est pas un animal que l'on peut enfermer 22 heures par jour au box, sans avoir en tête que cela ne modifira en rien son comportement psychologique et neurovégétatif.
Il peut donc avoir des manifestations diverses et très variées résultant de ces troubles comportementaux alimentaires.
Si le cheval reste la plupart du temps dans son box, le priver de paille sous prétexte qu'il fait des coliques (lorsque la paille est ingérée en trop grande quantité) peut provoquer de la nervosité et de l'agitation car, comme nous l'avons vu plus haut, son comportement alimentaire reste inné.
Le fait de manger de la paille l'occupe, il trompe ainsi l'ennui.
Ses facultés digestives
Il convient de ne pas varier brutalement la nature des aliments.
La distribution d'un mash riche en glucides va développer l'activité microbienne, donc la fermentation, et produire des coliques de fermentation avec production excessive de gaz.
Si le cheval est au pré, il faut se méfier des pâtures pauvres et des distributions soudaines de granulés ou de concentrés qui entrainent stress, absorption rapide et risque d'engouement oesophagien ou de coliques de surcharge.
La digestion de l'herbe est très
rapide.
En moyenne, le cheval absorbe 1 kg de foin en 20 à 60 minutes.
Un cheval de 500 kg ne peut ingérer que 12 kg de foin.
La digestibilité est très variable selon les individus.
Elle dépend également du taux et de la nature de la cellulose ingérée car la plupart des aliments sont enfermés dans des enveloppes cellulosiques qui doivent être rompues durant la digestion.
Si la mastication est insuffisante (cheval glouton), une mauvaise dentition, ou des organes digestifs fatigués (par des rations trop fortes, trop importantes, vieux cheval ou les organes digestifs ne fonctionnent plus aussi bien), tout cela influencera la qualité de la digestion de la ration.
Son utilisation
Le cheval est facilement sujet à la suralimentation.
Le cheval a besoin d'une alimentation équilibrée et adaptée à ses besoins :
Chaque cheval a sa propre manière de se nourrir, il convient de la connaitre et de s'y adapter, non le contraire.
Son psychisme
Le cheval est un animal inquiet, hyper nerveux, toujours sur le qui-vive et très sensible au stress.
La fonction "moral / mental" aura un impact sur l'assimilation de la ration.
La qualité et la bonne conservation des aliments
Les grains s'ils sont stockés dans des silos, il existe des risques de développement de moisissures ou de germes anaérobies.
Il est donc recommandé de faire un stockage à plat.
Lorsqu'ils sont aplaties, la qualité de l'écrasement est importante, car une céréale aplatie peut se transformer en farine et provoquer des gastites.
La propreté de son abreuvoir et de sa mangeoire
Quelques conseils
- une ambiance calme lors des repas
- des changements progressifs lors d'augmentation d'une
ration ou de rajout d'un aliment etc...
- le fractionnement de la ration
- la régularité des repas en gardant une certaine souplesse dans les horaires.
Le cheval ne doit pas attendre son repas à la minute près
J'ai vu des chevaux se sauver de leur pré ou être surexcités => accidents, car leur propriétaire n'était pas "à l'heure" pour leur donner leur repas.
Je n'ai jamais vraiment habitué mes chevaux à manger à heures fixes (c'est-à-dire 10h00, c'est 10h00).
Ils savent qu'il peut y avoir un battement d'une à deux heures dans le pire des cas quand ils sont en box.
Il est vrai que la plupart du temps, ils sont en extérieur ... En box, je suis un peu plus ponctuelle.
Mais je n'ai jamais eu de problèmes intestinaux dûs aux horaires des rations (pour l'instant).
Il est préférable de servir un repas minimum deux heures avant un travail ou un transport et de ne jamais donner la ration au cheval juste après le travail.
La fragilité générale de l'appareil digestif est liée à la faible capacité de l'estomac et à la courbure accentuée du grand colon qui limitent l'absorption des rations en quantité.
Il faut respecter l'ordre : eau - fourrages - ration
Le rôle de l'alimentation est d'assurer l'apport de l'énergie nécessaire à l'entretien de l'organisme.
L'ensemble des rations de la journée doit couvrir les besoins suivants :
- Rations =
- - moins l'énergie des pertes dans les crottins
- - moins l'énergie des pertes dans les urines
- - moins l'énergie des pertes dues au fait de se nourrir
- - moins l'énergie des pertes dues à la lutte contre le froid ou la chaleur
- - moins l'énergie des pertes pour l'entretien de l'organisme
- - moins l'énergie des pertes dues aux déplacements
- - moins l'énergie des pertes dues à la production : travail -
gestation - lactation - croissance - monte (étalon)
- et le reste
prise de poids
Un manque d'équilibre peut provoquer un excès, une insuffisance, un gaspillage ou, le cheval peut aussi paraître en état et être en mauvaise condition.
Toute formule n'étant en fait qu'une base de travail - chaque cheval reste unique.
Un vieux dicton dit : « c'est l'oeil du maître qui engraisse le cheval »
Dans la pratique de l'alimentation, la ration doit être ajustée expérimentalement à chaque individu à partir de calculs théoriques puis réajustés selon les besoins particuliers de chaque cheval.
Il peut y avoir des variations importantes entre deux chevaux de même poids.
Pour un même poids vif, certains chevaux s'entretiennent facilement et d'autres demanderont une ration plus poussée par rapport aux "normes" (stress - assimilation moins bonne pour diverses raisons, ...)
Il faut également avoir en tête, qu'il ne sert à rien de "forcer" sur la quantité des aliments d'une ration.
Tôt ou tard, le cheval pourrait être amené à développer :
- des coliques
- des brûlures des intestins, donc il ne profitera plus et maigrira (entre autres)
- des ulcères
- un cheval trop "chaud", trop "speed" ... pas calme quoi !! etc ...
«RIEN NE VAUT L'OEIL ET L'EXPERIENCE»
A savoir, je pense, que la ration idéale n'existe pas.
A propos des suppléments nutritionnels
Beaucoup d'entre nous arrivent à croire que le cheval ne peut plus vivre sans C.M.V (complément, minéraux, vitaminés).
Il est un fait :
le cheval en liberté dans la nature trouve normalement ce dont il a besoin.
Mais il ne vit plus dans la nature, nous sommes donc devenus responsables de sa santé.
Il faut donc complémenter, mais pas à tort et à travers car cela peut également faire beaucoup de mal à l'organisme.
Ses besoins en suppléments nutritionnels sont comme sa ration.
Ils doivent être adaptés à chaque cheval, suivant ses besoins particuliers.
La réalimentation
La diète est indispensable dans le traitement des coliques.
Avec de l'eau, s'il n'y a pas de reflux gastrique, ou sans eau s'il existe un reflux gastrique.
Elle permet :
- une régulation du transit
- une baisse des excès soudains de transit
- une normalisation de la flore intestinale
Si elle est prolongée, il existe des rique d'iléus ( obstruction de l'intestin).
La reprise de l'alimentation est possible, s'il y a reprise du transit, si le cheval fait des crottins et s'il n'y a pas de reflux gastrique.